• Arrivée à Tana

    C'est vers 6h du matin donc, heure locale (le décalage horaire n'est pas énorme entre la France et Madagascar, + 2 h ou 3 h selon les périodes de l'année), que nous atterissons à Antananarivo, la capitale, Tana comme tout le monde l'appelle là-bas. Immédiatement, je suis surprise par le rouge vif des terres que je vois au travers du hublot de l'avion. Puis surprise par la petite taille de l'aéroport, lorsque nous descendons à même le tarmac.

    Arrivée à Tana

    aeroport de tana

    Mais c'est chouette, ça donne vraiment l'impression d'être un baroudeur qui part dans un pays rare... Si vous voyez un peu ce que je veux dire... Somme toute d'arriver vraiment en terra incognita.

    Et puis, au moment de passer le contrôle des visas, les ennuis commencent. Je m'explique : il y avait deux files. Assez insouciante, je prend celle dans laquelle se met Eleonora, une amie italienne que je m'étais faite à l'aéroport de Roissy. Et on attend, comme ça, une bonne demie heure. Arrivée au guichet, pensant que c'était comme ça et obligatoire, je me fais faire un visa, moyennant paiement bien entendu. Le guichetier tamponne allègrement, signe, encaisse, puis tourne machinalement les pages de mon passeport et me demande dans un français chantonnant : "Mais c'est quoi ça ?". "Ben, c'est le visa que je me suis fait faire en France ! " Et après quelques minutes d'incompréhension mutuelle, je finis par comprendre que je n'avais pas besoin de repasser par ce guichet, mais que j'aurai directement dû prendre la seconde file d'attente, pour ceux qui avaient déjà un visa... "Bon, c'est pas tout ça mais comment je fais moi maintenant* ". Alors le guichetier peste, râle, grogne, tout ce que vous voudrez, ressors l'argent et ses tampons, tamponne des gros "Annulé" sur mon inutile second visa et me rend, billet par billet, la somme que je lui avais versée (assez importante, tout de même)

    PASSEPORT ANNULE

    Jusque là ça pourrait aller me direz vous. Ben oui, sauf que le bougre, après m'avoir rendu l'argent et se rendant soudain compte qu'il aurait pu tirer profit de la situation, a commencé à me jouer de la viole. "Ah mais vous comprenez, moi je vais avoir des problèmes avec les supérieurs maintenant", et patati, et patata... Tant et si bien que je finis par me retrouver dans une situation inconfortable, ne connaissant alors pas encore (ô pauvre de moi ! Alors toute inexpérimentée jeune globe-trotteuse) ce que votre statut d'occidental pouvait inspirer comme fourberie  la plus grande à certains autochtones mal intentionnés. Bref, je finis par lui donner un billet de 20 euros, en m'excusant presque de ne pas lui donner plus, voire en outre en culpabilisant ! Je me souviens, ses yeux ont brillé. Là encore, je ne connaissais pas encore, ou du moins ne réalisait pas bien, l'effarant écart de niveau de vie entre la France et Madagascar... En fait, je venais de lui donner un mois de SMIC.

    Alors, j'ai enfin pu effectuer les contrôles de visa puis aller récupérer mes bagages. Pas de quoi se perdre : un seul tapis roulante à côté des guichets !  

    En revanche, un peu triste, Eleonora avait disparue. Même si nous avions tout de même eu le temps de partager nos adresses mail et de nous dire au revoir peu avant. Elle avait dû trouver la personne qui venait la chercher. Ne me restait plus qu'à faire de même. 

     Mais quasi immediatement, j'ai trouvé  Djer, qui m'attendait avec une petite pancarte. Je le salue donc chaleureusement (faut-il préciser que jusqu'à je n'étais pas totalement sûre que quelqu'un viendrait me cherchait de si bon matin à l'aéroport car je n'avais pu transmettre mon heure d'arrivée à mon bureau de stage -mes seuls contacts sur place à ce moment là- que la veille... ! ) et nous sortons tous les deux de l'aéroport sous un soleil déjà magnifique. Malheureusement à ce moment là, j'ai très vite été rattrapée par la réalité du pays et mon prime et fougueux enthousiasme de nouvelle conquérante s'en est aussitôt trouvé quelque peu entamé : à peine avions nous franchi la porte de l'aéroport que des gamins en guenilles venaient nous mendier quelques sous... Djer m'a demandé si j'avais encore des pièces d'euros et m'a conseillé de leur en donné quelques unes. J'ai donc donné ce qu'il me restait de pièces...

    Au fait ! Je n'ai pas présenté Djer ! (D'ailleurs, à ce moment là, je n'avais strictement pas la moindre idée de qui il s'agissait !) En fait j'ai appris ou plutôt compris, bien plus tard, qu'il était chauffeur à GCD, l'organisme où j'effectuai mon stage !

    Voilà, donc bien contents d'être arrivés et d'avoir trouvé Djer, je mettais mes bagages dans le coffre de sa grosse voiture (qui dépareillait un peu avec les vieilles bagnoles et autres taxis typiques du parking d'ailleurs, mais je crois que mon patron aimait bien les belles voitures, c'est un sacré signe extérieur de richesse là-bas !) et nous étions partis ! Direction : le foyer des Soeurs de la Charité Saint-Louis, là où j'allais loger, dans le quartier de Mandroseza à Tana !

    * Sens principal du propos résumé 

    Si vous avez hâte de connaître la suite de mes aventures palpitantes, c'est par ici

     


    Tags Tags : ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires de cet article


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :